Différents services sont à votre disposition pour vous aider.

Découvrez toutes les aides ici

Le phénomène_

Pour diverses raisons principalement liées au maintien d’un niveau de vie décent dans le cadre de la poursuite de leurs études, certaines étudiantes et étudiants sont de plus en plus tentés de se tourner vers la prostitution.

La plupart des études menées sur le sujet nous montrent que la précarité et l’isolement social et familial sont les principales causes qui poussent les jeunes à franchir le pas de la prostitution étudiante.

C’est principalement par le biais d’internet, de sites et d’applications de rencontres que les étudiantes et étudiants entrent en contact avec de potentiels clients, généralement aisés et plus âgés.
Ces sites, qui contournent les prescrits légaux, utilisent un vocabulaire calculé, glamour, matérialiste et attrayant pour capter leur public cible mais ils restent bel et bien trompeurs sur leurs intentions. En effet, ils mettent en relation des jeunes femmes et hommes (sugar babies), avec des personnes plus âgées et fortunées (sugar daddies, sugar mommies) dans le but de négocier les termes d'une relation établie sur des cadeaux, de l’argent, des services ou encore des voyages, toujours en contrepartie de faveurs sexuelles.

Ce genre de sites s’apparente à de l’incitation à la débauche et à de la prostitution.

Une activité risquée_

Même si certaines étudiantes et étudiants relativisent parfois la « gravité » de la pratique et souhaitent qu’elle ne perdure pas au-delà de leurs études, cette dernière n’en demeure pas moins sans risques :


• Cette activité peut entraîner un décrochage dans la poursuite des études. Le temps de l’activité prostitutionnelle a parfois tendance à empiéter sur le temps consacré aux études.

• La prostitution est souvent dangereuse puisque la majorité des personnes prostituées reconnaissent avoir connu des violences sexuelles dans le cadre de leur activité (viol, maltraitances, etc.)

• Les étudiantes et étudiants peuvent se retrouver très « isolés » dans leur activité prostitutionnelle. En général, par gêne, crainte de jugement ou encore par peur que cela nuise à leur réussite académique, elles se murent dans le silence au risque d’en souffrir.

• Des effets psychologiques dévastateurs peuvent aussi apparaître chez les personnes qui se prostituent. La décorporalisation en est sans doute une des conséquences les plus parlantes. Le vécu d’effractions corporelles répétées et non désirées peut, en effet, entraîner un désinvestissement du corps, assimilé à un processus de protection. Le corps se dissocie alors pour éliminer les angoisses et, dès lors, les signaux d’alertes émanant du corps sont ignorés (tolérance à la douleur élevée, négligence de soi, maladies non-détectées).

• Une présence sur ces sites de prostitution étudiante, où les annonces sont énormément visitées par les potentiels clients, peut aussi laisser des empreintes en ligne et engendrer, à long terme, des conséquences néfastes sur la vie professionnelle et privée.

des chiffres qui dérangent

En Europe, 80% des personnes prostituées sont issues de réseaux criminels.

62 % des personnes prostituées ont subi un viol.

D’après une étude menée en Fédération Wallonie-Bruxelles en 2015, plus de 2 personnes prostituées sur 3 veulent sortir de la prostitution.

70 % des personnes prostituées ont les mêmes critères de syndrome de stress post-traumatique que les victimes de torture.

Les conséquences de la prostitution sur la santé physique et psychique sont flagrantes : à Londres, le taux de mortalité des femmes prostituées est 12 fois plus élevé que la moyenne nationale.

* La prostitution est une violence faite aux femmes : refusons d'en être complice!, Lobby Européen des femmes, dans "La prostitution, une violence sans nom", Prostitution et Société (revue trimestrielle du Mouvement du Nid), n°168 et 169, janvier-juin 2010.
P. Govers, G. Absil, Prostitution, rapports d’oppression et agency. Enquête exploratoire sur la prostitution Fédération Wallonie Bruxelles, Ministère de la Communauté française, Direction de l’Egalité des Chances, mars 2016